fermer... culture
FRéDéRIquE DELoFFRE-vyE / FRANçoIS BATy-SoREL
Les docteurs visent l’entreprise l
es doctorants sont la cible de bien des préjugés tenaces. Les entreprises voient en eux des rats de bibliothèque ou des souris de laboratoires au discours rarement compréhensible et aux compétences non exploitables. Et les familles désespèrent de voir en leur sein d’éternels étudiants. Depuis quelques années, les doctorants ne peuvent plus hausser les épaules en retournant à leur paillasse. Les jeunes docteurs sont plus nombreux que les postes disponibles à l’Université et doivent donc envisager une vie professionnelle dans le secteur privé. Ce qui implique une mutation profonde. Créée en 1980, l’association Bernard Grégory (ABG) accompagne l’insertion professionnelle des docteurs de toutes disciplines dans le monde socio-économique par le biais notamment d’un programme de valorisation des compétences intitulé «Un nouveau chapitre de thèse» proposé depuis 2002 aux écoles doctorales. A La Rochelle, c’est Frédérique Deloffre-Vye qui guide les doctorants, à Poitiers, c’est François Baty-Sorel.
L’ABG leur a proposé d’écrire un guide basé sur leur expérience. L’ouvrage s’intitule Projet professionnel et doctorat, un duo gagnant. En complément de la démarche adoptée lors du Nouveau chapitre de thèse l’ouvrage est émaillé de nombreux témoignages de doctorants ayant suivi ce programme et de quelques tests permettant au lecteur de s’autoévaluer. Très clair et pratique, ce guide s’avère aussi utile à des lecteurs autres que doctorants. Trois grandes étapes
Noémie Pinganaud
Benjamin Caillaud
tout autour de babel P
lus de 15 000 livres ont été donnés par des Poitevins afin d’élever la Tour de Babel imaginée par l’artiste Jacob Gautel. Construite à la Maison de l’architecture de Poitou-Charentes, elle est visible du 17
octobre au 26 novembre, en compagnie d’œuvres de Jacques Villeglé et Bernard heidsieck (Tout autour de Vaduz). Cette exposition produite par la ville de Poitiers s’inscrit dans un programme qui célèbre la diversité culturelle et linguistique, et les arts comme langue universelle. Ainsi, à la galerie Louise-Michel, Serge Pey crée une pièce à la mémoire de la Communarde. Des performances de poésie sonore sont prévues au bar du TAP et au Confort Moderne avec Jaap Blonk, Serge Pey et Chiara Mulas, Jean-Pierre Bobillot. La faculté de lettres et langues est associée avec ses Rencontres littéraires à l’université du 19 au 22 octobre. Sont invités : Jean-Claude Forêt, Vasco Graça Moura, Michel Vinaver, Freddy Michalsky, Erik Bullot, Margherita Botto, Moya Cannon, ainsi que Serge Pey (Rencontre autour des principes de philosophie directe) et JeanPierre Bobillot (Entre Babil et Babel). Des conférences, notamment sur la «maison radieuse» construite par Le Corbusier à Rezé, sont organisées par la Maison de l’architecture. Dans l’auditorium du TAP, le 17 décembre à 20h30, Pierre henry donnera Une tour de Babel.
sont ainsi proposées dans une démarche globale de conduite de projet. La première consiste à être à l’écoute des autres opportunités (oui, elles existent !) : secteur public mais aussi privé dans les services de R&D des grands groupes mais aussi dans les PME. La seconde est un bilan de compétences : «Mener une thèse est un projet avec des contraintes importantes qui mobilise bien d’autres compétences que la seule expertise mais dont ni les recruteurs, ni même les doctorants ne sont conscients. Ils ont donné des cours, dirigé des TD, animé une équipe sans avoir de formation pour cela, géré des budgets et des délais plus ou moins serrés. Notre travail consiste à mettre des mots sur des savoir-faire qu’ils ont acquis naturellement. Trop naturellement pour leur accorder de la valeur», expliquent les auteurs. La troisième étape porte sur la valorisation. Rien ne sert d’identifier ses savoirfaire scientifiques, opérationnels ou managériaux si on ne sait pas les mettre en valeur. «Or, la valorisation ne fait pas partie de leur culture.» Frédérique Deloffre-Vye leur propose notamment des tests pour simplifier leur discours et rendre compréhensible leur sujet de recherche aux recruteurs. Les techniques d’exploitation des réseaux relationnels, très utilisées dans les grandes écoles, sont aussi utiles à ces docteurs qui devront, pour s’insérer dans le monde professionnel, s’appuyer sur l’ensemble de compétences qu’ils ont mis en œuvre pour mener leur thèse comme un véritable projet professionnel.
Anh-Gaëlle Truong Projet professionnel et doctorat, un duo gagnant, de François Baty-Sorel et Frédérique Deloffre-vye, éd. Eyrolles, 148p., 15 €
7
Jacob Gautel
■ L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES ■ N° 86 ■
culture
ChRySTèLE LERISSE
Photographe du chuchotement
et le commentaire ; Chrystèle Lerisse est d’une manière trompeusement modeste, uniquement photo -graphe et nous propose ce que la lumière a écrit. Aucune fuite dans l’illusionnisme narratif. On se plaît à rêver à une grande exposition où un commissaire audacieux aurait réuni Chrystèle Lerisse et le peintre bolognais Giorgio Morandi (1890-1964). Comme Giorgio Morandi, Chrystèle Lerisse est parfaitement au fait de l’art de son temps, comme lui, elle est solitaire dans sa démarche exigeante. «Pour moi il n’y a rien d’abstrait ; par ailleurs, je pense qu’il n’y a rien de plus surréel, et rien de plus abstrait que le réel.» Cette déclaration paradoxale de Morandi aurait pu être celle de Chrystèle Lerisse. Une maison, un arbre, un pan de mur, un toit, le motif est le même, les moyens diffèrent radicalement pourtant l’on obtient dans les deux cas la même sensible vibration fruit d’une puissante réflexion sur la forme. Plus troublant encore, en 2005 la mairie de Choisy-le-Roi «dans le neuf quatre» a eu l’heureuse idée de passer commande à Chystèle Lerisse d’une série de photographies, les immeubles saisis ressemblent à s’y méprendre à l’étagère que Morandi peignait indéfiniment. Dans un monde écrasé par la mégalomanie, le tumulte et l’orgueil, on a tous besoin de ces peintres du chuchotement, du silence.
Jacques Polvorinos Chrystèle Lerisse est née en 1960, vit et travaille en haute-vienne. Elle entre en photographie en 1975 et, depuis, poursuit un travail noir et blanc que l’on peut qualifier de radical. Deux ouvrages : Domus (texte de Jacques victor Giraud), De grâce, ce pas dans l’absence en quoi tout demeure, Baudouin Lebon éditeur.
tHiERRy gRoENStEEN
«
out ce qui porte la signature de ce maître acquiert dès maintenant une valeur unique en Europe ; mais quand une œuvre sortie de son atelier ne serait pas signée, je défierais encore le regard le moins habitué, de se tromper sur sa provenance reconnaissable et rare.» Ce qu’écrivait Mallarmé à propos des céramiques de Deck, peut s’appliquer aux photographies de Chrystèle Lerisse. Cette identification immédiate de l’artiste ne repose pas uniquement sur l’originalité du format, le plus souvent un 6 x 6 cm, la qualité du tirage noir et blanc mais sur la manière de transporter sur la pellicule le fragment choisi et découpé dans le viseur du hasselblad. La plupart des photographes sont, et parfois avec grande pertinence, sociologues, botanistes, géographes, historiens, journalistes, ce qui facilite l’enthousiasme
t
La médiathèque Françoismitterrrand de Poitiers offre une carte blanche à Thierry Groensteen du 8 décembre au 27 février. C’est l’un des acteurs majeurs du travail de reconnaissance de la bande dessinée mené depuis trente ans, à la fois commissaire d’expositions, animateur de revue, théoricien de la bd, éditeur. expositions, rencontres, ateliers, conférences, concert bd, films, spectacle sont au programme dans l’ensemble du réseau des médiathèques de Poitiers.
La série domus a été exposée à l’Espace Art Contemporain de La Rochelle (janvier, février 2009) puis à la chapelle Saint-Louis de Poitiers (été 2009).
dessin d’Emmanuel guibert pour la carte blanche à thierry groensteen.
ERNESt PéRoCHoN
Pour saluer la publication du 3e volume des œuvres complètes d’Ernest Pérochon par Geste éditions, l’association des Amis d’ernest Pérochon, présidée par l’historien Eric Kocher-Marboeuf, maître de conférences à l’Université de Poitiers, organise une lecture de la conteuse blandine clémot. Le vendredi 13 novembre à 20h30 au musée d’Agesci à niort, elle lira deux nouvelles des Huit gouttes d’opium.
8
■ L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES ■ N° 86 ■
fermer...
Discussion
Aucun commentaire pour “Culture”
Poster un commentaire