// vous lisez...

Article - auteurs : - - -

Culture scientifique

Culture scientifique – Développement durable et biodiversité. Exposition à l’Espace Mendès France de Poitiers. Par Elsa Dorey. ; La mère charentaise du merlot. Le cépage merlot aurait pour ascendant maternel direct la magdeleine noire des charentes. La conclusion scientifique a été livrée par Sébastien Julliard et Jean-Michel Boursiquot. Par Astrid Deroost, photo Conservatoire du vignoble charentais. ; Ça va faire du bruit. Poitiers accueille du 19 au 24 avril le festival Micro Clima. Par Charlotte Cosset, photo Alexandra Pouzet ; Michel Blazy ; Automobiles Tuar. Adrien Morin lança en 1913 à Thouars les automobiles Tuar. Daniel Fouchereau publie un ouvrage sur le sujet. Par Charlotte Cosset.

Cet article en archive

Sauf exception, les billets et les fac-similés de la revue sont publiés sous licence Creative Commons : paternité - pas d'utilisation commerciale - pas de modification.

  • Texte brut (généré automatiquement) ouvrir...
    fermer...

    culture scientifique EXPoSITIoN développement durable et biodiversité p endant l’année internationale de la biodiversité, l’Espace Mendès France crée une exposition sur le développement durable et la biodiversité (du 18 mai au 28 novembre). Conceptualisé dans les années 1980 par des naturalistes déjà inquiets de l’état du monde, le terme biodiversité est utilisé pour la première fois en 1986 lors d’une conférence de Walter G. Rosen à Washington. Il se popularise en 1992 avec le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. C’est un thème vaste et l’exposition l’aborde sous quatre axes : la définition et le rôle de la biodiversité, le développement durable et la biodiversité urbaine. Edith Cirot, responsable des expositions et des animations de l’Espace Mendès France, explique : «Irait-on soupçonner que s’il y a environ un million huit cent mille espèces connues aujourd’hui, les chercheurs estiment à des dizaines de millions la totalité des espèces terrestres ?» Et chacune d’elles a sa place dans l’écosystème. Le développement durable sera abordé grâce à l’animation d’une maquette, sur laquelle le public est invité à implanter une usine et un village et à discuter des impacts sur l’environnement et l’économie. Ici, comme le précise Edith Cirot, «l’important n’est pas de prendre en compte uniquement la petite fleur sauvage, mais de considérer tout son environnement et de ne pas ignorer les activités humaines». Car l’homme est aussi dépendant de cette biodiversité, notamment pour l’alimentation et la pharmacologie. D’après l’OMS, 80 % de la population mondiale dépend des remèdes traditionnels basés sur des espèces sauvages. La biodiversité reste un patrimoine universel à disposition pour le traitement de certaines maladies. Citons l’exemple de la pervenche de Madagascar qui a permis aux chercheurs poitevins d’élaborer un nouveau médicament anticancéreux. Enfin, pas besoin de participer à un safari d’Afrique pour découvrir des espèces inconnues. La ville regorge d’écosystèmes discrets. L’Espace Mendès France dédie une partie de l’exposition aux espèces locales et aux actions menées pour les protéger, par exemple l’opération «des nichoirs dans les plaines» dans les Deux-Sèvres pour la réintégration d’espèces d’oiseaux. http://www.biodiversite2010.fr L’Actualité Poitou-Charentes a publié une édition spéciale consacrée à la biodiversité, de l’histoire du concept à la protection des milieux (n° 85, juillet 2009). Elsa Dorey La mère charentaise du merlot l 1. Les travaux traitant de ce sujet ont été publiés dans l’Australian Journal of Grape and Wine Research (2009). e merlot est le cépage le plus répandu dans le Bordelais, majoritaire dans de prestigieuses appellations, également présent dans le Languedoc-Roussillon, en Italie, en Espagne, en Argentine, au Chili, en Californie... Le merlot, dont le père reconnu est le cabernet franc, très usité dans le Sud-Ouest (Gironde et Dordogne), aurait pour ascendant maternel tout aussi direct la magdeleine noire des Charentes. La conclusion scientifique a été livrée en ce début d’année1 par Sébastien Julliard, responsable du Conservatoire du vignoble charentais à Cherves-Richemont, près de Cognac, et Jean-Michel Boursiquot, directeur scientifique et technique Matériel végétal à l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) et chercheur à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) de Montpellier. Par analyse ADN et recoupements avec des cépages enregistrés à l’INRA et déjà génotypés, les chercheurs ont identifié le lien manquant. Ils ont également élargi la parentèle de la magdeleine noire des Charentes, qui serait à l’origine de quatre cépages secondaires : le guignard de Saintours (Charente) ; le mourtès (vallée de la Garonne) ; le cot (Quercy) et génétiquement lié à deux autres : l’abouriou (Marmande) et le plant de Dubosc (Gascogne). «L’intérêt de la magdeleine noire des Charentes réside dans son patrimoine génétique, explique Sébastien Julliard. Ce cépage va être utilisé comme géniteur, il va permettre des croisements entre plusieurs cépages, de différentes époques. Et révéler, dans ses “enfants”, des caractères cachés.» La première vinification devrait avoir lieu dans deux ans. L’histoire de cette famille recomposée résulte de la quête lancée voilà plus de dix ans par le Conservatoire pour sauvegarder la biodiversité du vignoble charentais. À force de prospections dans les parcelles Conseratoire du vignoble charentais abandonnées, les bois et les treilles, une trentaine de lambrusques (vignes sauvages, ancêtres des cépages) et quelque 67 cépages oubliés – distincts des cépages classiques utilisés pour le cognac et le pineau – ont été retrouvés. La magdeleine, cépage noir ainsi baptisé en raison de sa précocité et de sa maturité proche de la Sainte-Madeleine, avait été redécouverte en 1996 en Ille-et-Vilaine, vestige probable du vignoble de l’abbaye de Saint-Suliac (xve siècle). Les analyses alors effectuées par l’INRA avaient conclu à la totale originalité de cette vigne qualifiée tout d’abord de «suliaçaise». C’est ce même cépage, à la feuille assez entière et dotée de petites dents, que les recherches du Conservatoire ont mis au jour dans des treilles charentaises, à quatre reprises : à Mainxe, Saint-Savinien, Figers-Echebrune et Tanzac. La présence répétée du cépage, des traces dans les écrits locaux et le fait qu’il n’apparaisse dans aucun autre vignoble de France ont joué en faveur de l’hypothèse d’une origine charentaise. «L’INRA a proposé de rebaptiser le cépage magdeleine noire des Charentes, précise Sébastien Julliard. Une richesse pour le Conservatoire qui a mis la main sur une vigne-clé dans la généalogie des cépages du Sud-Ouest, aussi susceptible de générer de nouvelles variétés. Astrid Deroost 48 ■ l’ACTuAlITé PoITou-ChARENTES ■ N° 88 ■ MICRo ClIMA Ça va faire du bruit p oitiers accueille du 19 au 24 avril un festival unique dans la région : Micro Clima. Ce rassemblement a pour point focal le son. Son objectif est de rassembler artistes, créateurs, étudiants et professionnels de l’audio, afin de permettre la découverte de l’univers radiophonique et de ses techniques, l’approche du monde de la création expérimentale et l’appréciation d’un panel complet et varié des possibilités sonores. L’association Autour du Doc, organisatrice de cet événement, invite à de nombreux rendez-vous en divers lieux de la ville (Lieu multiple, Confort moderne, cinéma Le Dietrich, CRDP…). Afin d’effleurer l’immatérialité des ondes, le festival propose des ateliers, des expositions, des conférences, des séances d’écoute et d’enregistrements, des flâneries, des performances et même des expériences collectives où chacun est invité à exprimer son talent. C’est aussi l’occasion de redécouvrir la ville notamment par des promenades électromagnétiques (Christina Kubisch) ou encore des cartographies sonores résultant du field recording (Thomas Tilly). Toute la semaine est suivie par France Culture dans l’émission Sur les docks. Et durant la quinzaine qui précède, Radio Accords invite la cité à se mettre dans le ton. C. C. MuséuM de la rochelle www.microclima-lefestival.org Dans l’agenda très fourni du muséum d’histoire naturelle, signalons l’exposition «Découverte de la biodiversité marine» jusqu’au 1er juin, «la ruée vers l’homme, de Toumaï à Sapiens» jusqu’au 23 juin, Cannibales, des Kanak à Paris en 1931, film de Brigitte Whaap diffusé en présence de Didier Daenincks le 21 avril (16 h). dEUx-SèVRES terre de sciences le Conseil général des DeuxSèvres, en partenariat avec l’Espace mendès France, a lancé Terre de sciences sous le parrainage de michel Brunet. Ce dispositif propose des manifestations destinées «à apporter à un large public des clés de compréhension sur les débats qui traversent notre société et suggèrent des moyens d’action, individuels et collectifs, au niveau local». www.deux-sevres.com J.-L. T. les 652 pages du Bulletin de la SBCO (t. 40, janvier 2010) sont une mine. Signalons les articles sur l’évolution de la flore rhétaise (P. Le Gall), les algues marines à loix (m. Bréret), les sorties à lathus (A. vilks, B. Compère), à Angles-sur-l’Anglin (P. Gatignol, j.-P. Ring), en forêt de Pons (C. You). Cotisation-abonnement (50 e) : trésorier de la SBCO, 8 rue Paul-Cézanne 17138 Saint-Xandre. société botanique dU CENtRE-oUESt Bruisme et autres sons J azz à Poitiers, association renommée pour sa programmation audacieuse, crée un nouveau festival du 25 au 27 juin, en partenariat avec le Confort moderne et le Lieu multiple : Bruisme, le «festival des musiques libres» dont l’objectif est de «faire surgir l’inattendu et l’inentendu.» Des musiques qui prennent la tangente, sans souci des genres et des cases. Parmi les artistes invités, citons Francisco Lopez, Kaper Toeplitz, Seijiro Murayama, Suture, Tô, Christine Sehnaoui, Jean-Luc Guionnet… En mai, Jérôme Noetinger est invité par le Lieu unique (le 15) pour une performance au planétarium avec un dispositif électroacoustique. C’est un des fondateurs de la Cellule d’intervention Metamkine, spécialisée dans les musiques électro et improvisées. Toujours au planétarium, le 16 juin, BAM (boîte à musique) est une suite instrumentale et électronique écrite à partir de sons captés au Conservatoire par Thomas Baudriller, Loïc Bernardeau, Emmanuel Bourriaud, Julien Lepreux et Monsieur Vincent. Les transitions sont signées Dominique Pichon. Des champignons mis en culture dans une salle badigeonnée de rouge – du concentré de tomate –, ça libère des quantités phénoménales de spores au point qu’il est préférable d’entrer avec un masque. Très vite, des moisissures surgissent sur les murs, comme celles qui poussent sur le fromage, dont on peut apprécier la palette chromatique et la «stratégie» de colonisation. Au bout de deux mois, l’air est irrespirable. C’était prévu. Pourriture et puanteur du sol au plafond. Toute matière vivante est vouée à la décomposition et à la recomposition, car ici prolifèrent un nombre incalculable de microorganismes. michel Blazy en apporte la preuve suffocante avec cette œuvre organique, ex croissance, conçue pour Rurart (au lycée agricole de venours). À expérimenter jusqu’au 25 avril. www.rurart.org rurart : ex croissance de Michel blazy Alexandra Pouzet Musée de bougon «Archéopub» ou comment la publicité utilise la Préhistoire et l’Antiquité. l’exposition du musée archéologique de Strasbourg est augmentée (300 objets) et mise en scène par le musée des tumulus de Bougon. jusqu’au 2 janvier 2011. 49 ■ l’ACTuAlITé PoITou-ChARENTES ■ N° 88 ■ culture scientifique AuToMobIlES TuAR dans la course à 125 km/h a drien Morin (1880-1968), né à Brionprès-Thouet, fils unique du notaire de Thouars, avait un avenir tout tracé. Il fit son droit à Bordeaux afin de reprendre l’étude paternelle. Mais il s’intéressait aux automobiles comme son cousin, Gustave Cornilleau, ingénieur en chef de Decauville, et partit donc apprendre le métier à ses côtés à Paris : technique, négoce, organisation et gestion des ateliers de montage… Il était fin prêt à devenir indépendant, ce qu’il ne tarda pas à entreprendre en acquérant un garage à Boulogne-sur-Seine. Mais désirant se rapprocher de sa ville natale, il lança un projet de «garage moderne» du nom de Tuar, à Thouars, qui ouvrit ses portes en 1913. Les premiers modèles équipés de moteurs de 6 et 8 chevaux sont conçus pour rouler à 48 km/h en troisième. Après la parenthèse de la Grande Guerre pendant laquelle l’entreprise est réquisitionnée pour la fabrication d’obus, le groupe commercialise trois nouveaux modèles plus performants (quatre vitesses, marche arrière). Cette aventure aboutit à la construction de 150 automobiles qui se distinguent dans les grandes courses de l’époque… à 125 km/h pied au plancher. Mais ce n’est pas suffisant pour maintenir la production et le constructeur vend son affaire en 1925. Daniel Fouchereau, dont le père fut garagiste pour Adrien Morin, perpétue la tradition par le Tuar Automobile Club ainsi qu’en reconstituant à l’identique une automobile de type B3. Il est le possesseur de l’unique Tuar existante Ville de Thouars et espère pouvoir présenter dans les prochains mois le châssis complet et roulant. Son projet ne s’arrête pas là puisque toute la carrosserie est encore à faire ! Tuar, les automobiles d’Adrien Morin, constructeur à Thouars, de Daniel Fouchereau, Geste éditions, 125 p., 25 € Charlotte Cosset bouc qui fuMe Adrien Morin, au volant, et Louis Poupard, dans la tuar de course 6 HP, 1922. En 1925, à l’occasion du banquet de massais (lire «l’apéritif qui pince», pp. 16-17), la Réunion fraternelle des voyageurs et représentants de l’Ouest fit éditer un bouchon de radiateur au «bouc qui fume», signe de reconnaissance qui orna nombre de voitures Tuar. Il y eut aussi les cendriers du «bouc qui fume». Celuici a été légué à la ville de Thouars par jean Armoire en 2009. Il est visible au musée Henri-Barré. bulletin d’abonnement POITOU-CHARENTES Pour recevoir chez vous L’Actualité, plus les numéros hors série, retournez ce bon à : L’Actualité - Service abonnements - BP 23 - 86190 Vouillé tél. 05 49 51 56 00 ❏ ❏ ❏ Je désire souscrire un abonnement d’un an à L’Actualité au prix de 22 e (étranger 35 e) Je désire souscrire un abonnement de deux ans à L’Actualité au prix de 40 e (étranger 55 e) Je vous adresse ci-joint mon règlement à l’ordre de L’Actualité Veuillez servir cet abonnement à : M. Mme Mlle Prénom MéMoires de l’esclavage Adresse Code postal Ville nanotechnologies : définitions les utopistes au xixe siècle alberto Manguel : la saintonge bien rangée 50 ■ l’ACTuAlITé PoITou-ChARENTES ■ N° 88 ■

    fermer...
  • Téléchargement du fichier au format pdf (1000 ko).
  • Fac-similé scribd (attention! ce type de visualisation n'est pas toujours fidèle à l'original) :
    Actu088avr2010_48-50.

Discussion

Aucun commentaire pour “Culture scientifique”

Poster un commentaire