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Etre noir en France au XVIIIe

Mémoire – Etre noir en France au XVIIIe siècle. Le musée du Nouveau Monde de La Rochelle présente un ensemble d’œuvres et de documents consacrés à la situation des Noirs en France au siècle des Lumières. Avec Erick Noël (commissaire scientifique) et Annick Notter (conservatrice du musée). Par Jean Roquecave, illustration : « Portrait d’un serviteur noir », de Gerbrand Van Den Eeckhout, vers 1660, musée du Nouveau Monde, La Rochelle. ;

Raffinerie et moules à sucre. Eric Normand, archéologue à la DRAC, travaille sur un projet collectif de recherche sur la céramique charentaise à l’époque moderne. Par Jean Roquecave, photo Eric Normand – Drac.

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    mémoire être Noir en France au J usqu’au 30 août le musée du Nouveau Monde présente un ensemble d’œuvres et de documents consacrés à la situation des Noirs en France au siècle des Lumières. «L’exposition emprunte son titre à la thèse de son commissaire scientifique, Érick Noël, Être noir en France au xviiie siècle, explique Annick xviiie siècle comme des faire-valoir de leurs maîtres ou de leurs maîtresses dont ils font ressortir la blancheur de la peau. Mais la dimension populaire est totalement absente des représentations de l’époque, il n’existe pas d’images de Noirs charpentiers, cuisiniers ou blanchisseurs.» Sous ce rapport, un tableau prêté par le musée de Valenciennes, la Toilette intime, copie d’époque d’une œuvre de Watteau, tranche singulièrement. «On y voit une servante noire qui présente une éponge et une serviette à sa maîtresse au saut du lit, ce qui est un sujet rare à double titre, car il représente une femme alors que la plupart des portraits mettent en scène de jeunes garçons, et aussi parce qu’elle met en scène une situation de travail.» J. R. hannah crafts la compagnie du Ballon rouge crée un spectacle à partir de l’Autobiographie d’une esclave d’Hannah Crafts, écrit dans les années 1850 par une ancienne esclave enfuie de la plantation de son maître. Du 11 au 16 mai, dans le péristyle du muséum d’histoire naturelle de la Rochelle. Tout le programme de «Chairs noires et pierres blanches. mémoires de l’esclavage en Aunis et Saintonge» est consultable sur http://arcadd. wordpress.com Notter, conservatrice du musée. C’est un beau sujet, assez méconnu, à mettre en images, et qui n’a jamais fait l’objet d’une exposition.» L’exposition, à l’échelle du musée rochelais, est relativement modeste, une trentaine de peintures, sculptures, estampes et documents d’archives appartenant au musée et prêtés par les grands musées français. «L’exposition se limite au xviiie siècle, et nous possédons assez peu de choses ici, en dehors du Portrait d’un serviteur noir de Van den Eeckhout et des Quatre parties du monde de Brandmuller, et des documents d’archives qui ne sont pas toujours faciles à montrer.» Confronté par ailleurs à la difficulté et au coût d’obtenir des œuvres en prêt, le musée rochelais a préféré jouer la carte du «small is beautiful». «Nous avons quand même réuni des œuvres de premier ordre, notamment le magnifique tableau de Hyacinthe Rigaud Jeune Noir tenant un arc ou encore les deux bustes, Le Nègre Paul de Pigalle et le Buste d’une négresse de Houdon.» Annick Notter regrette cependant que l’iconographie disponible ne permette de donner qu’une vision parcellaire de la vie des Noirs de l’époque. «Les Noirs représentés sont la plupart du temps traités comme des sujets pittoresques destinés aux salons des grands. Ils sont représentés Portrait d’un serviteur noir, de gerbrand Van den Eeckhout, vers 1660. Musée du Nouveau Monde, La Rochelle. Raffinerie et moules à sucre e ric Normand, archéologue à la Direction régionale des affaires culturelles, travaille sur un projet collectif de recherche sur la céramique charentaise à l’époque moderne (xvie-xviiie siècles). Des opérations d’archéologie préventives menées sur les chantiers rochelais ont permis de mettre au jour une quantité considérable de vestiges de céramiques liées au raffinage du sucre, en particulier dans le quartier Saint-Nicolas. «En fait, on en avait déjà trouvé un peu partout dans les remblais en périphérie de la cité médiévale, mais on ne les avait pas identifiés. La forme particulière des moules de terre cuite servant à confectionner les pains de sucre les faisait confondre avec des débris de tuiles.» Les fouilles récentes sur le site des anciens entrepôts de la maison de cognac Godet ont livré des cuves et fours qui sont probablement les restes d’une raffinerie de sucre. «Le sucre arrivait sous forme de mélasse ou de sucre brun et était ensuite raffiné. Au xviiie siècle, il y eut jusqu’à seize raffineries à La Rochelle, mais c’est la première fois qu’on en découvre une. Au début, les archéologues se demandaient de quoi il s’agissait. C’est en comparant avec les planches de l’Encyclopédie de Diderot qu’ils sont arrivés à cette hypothèse.» Reste à savoir d’où venaient les moules à sucre. «Nous savons qu’ils ne viennent pas des Antilles, et nous connaissons trois centres de production, Orléans, Marseille et Sadirac près de Bordeaux. Une partie vient probablement de Sadirac, mais il n’est pas exclu qu’il y ait eu une production locale. Nous savons que dès la fin du xvie siècle, des marchands rochelais avaient passé commande de poteries pour raffiner le sucre auprès d’artisans de la région.» J. R. 29 Eric Normand - Drac ■ l’ACTuAlITé PoITou-ChARENTES ■ N° 88 ■

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    Actu088avr2010_29

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